Le renouveau de l’aviation française : Concorde

Dés la libération du territoire national en 1942, l’aviation française reprend part aux combats aux cotés des aviations alliées. Mais la victoire est amère pour l’industrie nationale, même si le pays se trouve dans le camp des vainqueurs en 1945. La reconstruction est indispensable dans tous les secteurs de l’industrie et l’aéronautique n’apparaît pas comme une priorité aux yeux des politiques. Il est donc indispensable de s’équiper à l’étranger. Les premiers appareils utilisés par les nouvelles forces armées françaises autant que par la compagnie « Air France » sont des avions achetés ou cédés par la Grande Bretagne ou les Etats-Unis. Les traités de Bruxelles de 1946 et de l’Atlantique Nord en 1949 organisent les fournitures de matériels militaires aux puissances de l’Ouest, à présent unies contre un nouvel ennemi commun, l’U.R.S.S.
Parallèlement à cette répartition bi-polaire des enjeux, l’industrie française renaît concrètement à partir de 1950, grâce aux premiers plans d’équipements quinquennaux pour des appareils nationaux et des motorisations. Les résultas de ces volontés politiques seront le développement d’une multitude de prototypes dans le courant des années 50, dont vont émerger des modèles remarquables. Pour les appareils de chasse, il faut citer la lignées des avions Mystère puis Mirage III, puis IV, F1 et 2000 alors que l’aviation civile retrouve aussi avec les programmes Caravelle de 1959, un outil performant. Mais l’exemple le plus achevé du renouveau de l’aviation française est probablement le supersonique de Sud-Aviation BAC, Concorde. Lancé en 1962 sur la base d’une coopération franco-britannique, il représente alors un défi technologique sans précédent, avec une vitesse de croisière annoncée de 2 200 km/h (Mach 2) sur un parcours transatlantique, avec plus de 100 passagers à bord. Les études aboutissent à un appareil perfectionné à voilure ogivale en alliages d’aluminium, doté d’une structure calculée pour se déformer sous l’effet de la chaleur des hautes vitesses.
Le prototype du Concorde décolle pour la première fois le 2 mars 1969 et va effectuer près de 400 vols d’essais avant de prendre sa place au musée de l’Air. Avant ce repos mérité, l’avion civil le plus rapide du monde va être utilisé en 1973 pour suivre l’éclipse durant 22 minutes. Symbole reconnu de technologie et d’esthétisme, Concorde permet depuis 1977 de relier Paris à New-York quotidiennement en 3 heures et 35 minutes de vol.